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Qu’est-ce que la patience ?

Saint Thomas d’Aquin nous parle de la patience dans la Somme Théologique

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Avant de voir ce que disent les Pères de l’Église sur la patience, il nous a semblé opportun de rappeler ce qu’est la patience. Saint Thomas d’Aquin en parle dans sa Somme Théologique.
Comme, de plus, dans ses explications, saint Thomas fait référence au texte de saint Augustin que nous publions ci-dessous, cette présentation de la patience est très à propos !
Voici quelques extraits de la Somme théologique sur la patience.

« Saint Thomas d’Aquin nous parle de la patience dans la Somme théologique. Nous rappelons brièvement ce qu’il dit au sujet de la patience, d’autant plus qu’il cite le texte de saint Augustin sur la patience ! »
La patience est une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison malgré la tristesse, parce qu’elle empêche la raison de se laisser abattre par elle.
Il faut répondre que, comme nous l’avons dit, les vertus morales se rapportent au bien, en ce qu’elles conservent le bien de la raison contre le choc impétueux des passions. Or, entre les autres passions, la tristesse a beaucoup de force pour empêcher le bien de la raison, d’après ces paroles de l’Écriture (2 Cor., 7, 10) : « La tristesse du siècle produit la mort » ; (Ecclésiastique, 30, 25) La tristesse en a tué une multitude, et elle n’est utile à rien. Par conséquent il est nécessaire que l’on ait une vertu par laquelle on conserve le bien de la raison contre la tristesse et qui empêche la raison de succomber sous les assauts de cette passion. C’est précisément ce que fait la patience.
C’est pourquoi saint Augustin dit (De la patience, chap. 2) que la patience consiste à supporter les maux de cette vie avec une grande égalité d’esprit, c’est-à-dire sans se laisser troubler par la tristesse, et qu’elle nous empêche d’abandonner par notre mauvaise humeur les biens par lesquels nous pouvons arriver à un bonheur plus parfait. D’où il est évident que la patience est une vertu.
(…)
La patience n’est pas la première de toutes les vertus, puisqu’elle a au-dessus d’elle les trois vertus théologales et les quatre vertus cardinales, parmi lesquelles la prudence et la justice établissent l’homme directement dans le bien, tandis que la force et la tempérance lui font surmonter tous les plus graves obstacles.
(…)
Puisque la patience qui est une véritable vertu vient de la charité, il est clair qu’on ne peut pas l’avoir sans la grâce.
Il faut répondre que, comme le dit saint Augustin (De la patience, à la fin du texte), c’est la force des désirs qui fait qu’on s’expose à souffrir le travail et la douleur, car jamais on ne s’y expose volontairement que pour quelque chose qui plaît. La raison en est que l’esprit déteste la douleur et la tristesse en elle-même ; par conséquent il ne se déciderait jamais à la souffrir pour elle-même, mais il le fait seulement pour une fin. Ainsi il faut donc que le bien pour lequel on veut endurer des souffrances soit plus désiré et plus aimé que le bien dont la privation nous cause une douleur que nous supportons patiemment. Or, il appartient à la charité qui aime Dieu par-dessus toutes choses de préférer le bien de la grâce à tous les biens de la nature dont la perte peut nous causer une douleur. D’où il est évident que la patience, selon qu’elle est une vertu, est produite par la charité, d’après ces paroles de saint Paul (1 Co 13, 4) : La charité est patiente. Et comme il est manifeste qu’on ne peut avoir la charité qu’au moyen de la grâce, d’après ces autres paroles de l’Apôtre (Rm 5, 5) : La charité de Dieu a été répandue dans nos cœurs par l’Esprit-Saint qui nous a été donné, il s’ensuit qu’on ne peut pas avoir la patience sans le secours de la grâce (On ne peut pas avoir la patience parfaite quoad statum, sans la grâce sanctifiante ; pour avoir la patience imparfaite, telle qu’elle se trouve dans les pénitents et les catéchumènes qui n’ont pas encore été justifiés, on a seulement besoin de la grâce naturelle.).